La Nuit Fantasmagothic



Onze ans. Onze ans que j'attends le moment de pouvoir enfin voir Rosa Crux et Eros Necropsique. Je les avais manqué au Festival de l'Érèbe à Paris, une modeste tentative de ralliement du milieu gothique francophone organisée par la Bibliothèque du Cénacle, une association dont je faisais partie à l'époque.

Mais revenons au présent. Hier soir a eu lieu la Nuit Fantasmagothic, une soirée concerts/DJ set organisée par Manic Depression, Une Nuit Cent Lunes et La Nef à Angoulême. Arrivé aux alentours de 19 h, le concert démarre presque immédiatement et c'est Winter Severity Index qui ouvre le bal.

Le ton est donné dès les premières notes : froid, mélancolique. Sur fond visuel de l'intriguant film Institute Benjamenta, la boîte à rythmes, le synthé de Alessandra et le chant suave de Simona vient parfaire cette atmosphère délicieuse. Une belle découverte, et ce ne sera pas la seule.

Puis vient Soror Dolorosa. La foule se fait soudain plus dense, il ne fait aucun doute que la plupart des spectateurs sont venus pour eux. La prestance du chanteur, le talentueux Andy Julia, y est sans doute pour quelque chose. Le groupe nous offre un set aux intonations gothrock très bien revisitées.

Le troisième groupe est Nova et Vetera. Guidé par Monsieur La Mort, à qui je dois le privilège d'avoir pu entrer dans la salle avec mon appareil photo, il nous est offert la possibilité d'entamer un voyage spirituel à travers un rock gothique tribal, par un groupe qui a la particularité de se recouvrir de cendres pour être en phase avec l'histoire projetée sur l'écran. Une expérience visuelle et musicale que j'ai grandement apprécié.

Eros Necropsique fait ensuite son apparition. Inutile de vous préciser que je savoure cet instant à mesure que la musique d'introduction s'écoule et que les membres du groupe, mené par le charismatique Olivier font leur entrée sur scène. L'ambiance sombre tombe telle un couperet, au rythme d'une danse effrénée effectuée par un couple personnifiant tour à tour la folie, la bacchanale des temps modernes et la fusion charnelle primordiale.

Une mention particulière pour le titre À l'Ami Décédé, et un pincement au cœur en pensant à ma meilleure amie, disparue il y a quatre ans.

C'est au tour de Merciful Nuns de jouer. Au moment de retourner dans la salle, je n'ai pas pu m'empêcher de me poser la question : ce nom est une allusion plus qu'équivoque à celui de Sisters Of Mercy, est-ce une coïncidence ? La réponse ne s'est pas faite attendre longtemps.

Ce vestige des Garden of Delight assure la pérennité de l'héritage laissé par Andrew Eldricht, en y apportant une dose de modernité et une énergie nouvelle. Sur le moment, je n'ai pu m'empêcher de penser que Merciful Nuns est ce que les Sisters of Mercy aurait dû continuer d'être.

Et enfin, le bouquet final : Rosa Crux.

Un silence religieux s'installe, imposé par plusieurs "chuuuuuut !!!" à l'encontre de touristes venus visiter une nuit gothique. Le tambour d'Olivier Tarabo retentit, suivi d'une multitudes d'autres tambours actionnés mécaniquement, voilà pour l'introduction. La suite, c'est une messe musicale donnée en latin, memento mori et images de la nature défilent à l'écran, le tout entrecoupé d'un carillon de huit cloches. La messe est dite.

Nous appartenons à la terre, et une danse vient alors pour nous rappeler cette vérité absolue. C'est ainsi que la soirée se termine, pour moi en tout cas.

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11 years. I have been waiting for 11 years to be able to see Rosa Crux and Eros Necropsique. I missed them when they played at the Festival de l'Erèbe (Erebus Festival) in Paris, a modest attempt from the Bibliothèque du Cenacle (an association I used to be part of) at gathering the French goth scene.

Let's get back into the present. Last night was the Fantasmagothic night, an evening of concerts and DJ sets organised by Manic Depression, Une Nuit Cent Lunes and La Nef in Angoulême. I get there for about 7pm, the gig starts almost straight away with Winter Severity Index.

A cold and melancholic mood is set from the very first notes. As a visual background, the strange movie Institute Benjamenta, and Alessandra's sequencer with Simona's smooth voice are the perfect complement to an already delicious atmosphere. A beautiful find, and not the only one.

Then Soror Dolorosa play. The crowd grows, no doubt that most of the people are here for them. Their talented singer Andy Julia's charisma could be the reason for this. The goth rock tones of the set offer a new point of view on the genre.

The 3rd band to play is Nova et Vetera (I have their leader, Monsieur La Mort (Mr Death), to thank for being able to get in with my camera). Their gift to us is a spiritual journey in a tribal goth rock, mastered by a band known for covering themselves in ash to become one with the story played on a screen behind them. This is a very enjoyable visual and musical experience for me.

Eros Necropsique are the next band to play. No need to tell you that I enjoy every second of the intro music while the band members, led by the charismatic Olivier arrive on stage. A dark vibe hits hard, paced by a couple dancing manically, who first embodies madness, then a modern times bacchanalia, and as a finale a primordial carnal embrace.

The song A l'Ami Décédé (For a Dead Friend) is all the more special to me, plucks at my heart strings as I remember my best friend who passed away 4 years ago.

Merciful Nuns enter the stage. As I’m going back in the room, I wonder... their name rings pretty much like Sisters of Mercy, can it really be a coincidence? I don't have to wait for long before that question is answered.

They are the remnants of Garden of Delights and are proud heirs to Andrew Eldritch's legacy, while adding to it a modern touch and a renewed energy. At the time, I can't help but think that Merciful Nuns are what Sisters of Mercy should have become.

Last but not least, the cherry on top: Rosa Crux.

A reverent silence settles in, enforced by several “shush!” directed at tourists who got in to see what a goth nigh looks like. Olivier Tarabo's drum rolls, followed by many others actioned automatically. Here is for the intro. the rest of the set is a musical mass in Latin, while memento mori and photos of nature are displayed on a screen and an 8 bell carillon plays. Ite missa est (you are dismissed)

A last dance performance then reminds us of the absolute truth: we belong to the earth. This is how the evening ends, at least for me.


http://www.ardonau.net/fantasmagothic/index.html

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